06/12/2009 – SaintéLyon – 69 km 1300 m D+
6 janvier 2010 // Tag : Trail / Running
Des choix difficiles
C’est toujours à deux fois que l’on réfléchit avant de s’engager dans cette course un peu folle. L’état de forme est toujours dur à décrypter en fin de saison et l’enchainement des courses ne peut pas se faire sans laisser quelques traces. Après le trail de Montagnole et presque un mois sans rien faire après les Templiers, les sensations ne me semblaient pas si mauvaises. Un peu de mal dans les cotes mais une fin très rapide pouvait me faire envisager un truc sur la Saintélyon plutôt roulante. C’est donc avec motivation que je reprenais l’entrainement malgré une grosse charge de boulot.
La pression peut parfois être à double tranchant
Un petit jeu de pronostic de mon temps me motivait chaque jour à l’entrainement pour me battre contre des chronos assez irréguliers. Mais je me disais « ça va aller ». De toute façon il était trop tard pour baisser les bras. Un petit coup de pouce de Michel Sorine de l’organisation et j’obtenais un joli dossard pour être en première ligne. Après l’abandon de Benoit, je me retrouvais le Mr Raidlight sur le devant de la scène. Toute cette pression me poussait à l’entrainement mais je n’avais pas prévu qu’il serait dur de se la jouer super cool au départ avec des milliers de coureurs qui vous poussent dans le dos et des journalistes partout autour.
Une course qui se prépare avec beaucoup de repos
Pas franchement le temps de me reposer samedi, un voyage avec pas mal de contre temps, une arrivée à la bourre, pas le top. Heureusement qu’un repas super bien organisé par les kikous et que Cyril de Raidlight était là pour me faire souffler un peu. Un répit de courte durée car il est déjà temps de se mettre en tenu, de filer poser les sacs, s’échauffer et se rendre sur la ligne de départ. Quand je suis stressé comme ça ce n’est jamais bon mais j’apprécie cette ambiance de départ complètement décalée et un peu folle.
5,4,3,2,1…
Le départ est donné et un groupe très compact d’une trentaine de coureurs se forme où il faut jouer des coudes pour y rester. Il y a du beau monde et malgré quelques discussions étouffées, tout le monde semble très concentré. Un coureur est parti à fond devant et tout le monde se regarde sans que personne n’ose prendre les devants. Le rythme est assez cool autour de 15 km/h. C’est piégeur car ce faux rythme augmente imperceptiblement et quand nous arrivons en vu de la première bosse nous devons être pas loin de 16 ou 17 km/h. Je n’ai pas de très bonne sensation et j’ai du mal à suivre. Ca m’arrive en ce moment d’avoir du mal dans la première demi heure alors je me dis que ça va revenir. Je lève le pied dans la bosse mais je sens que je ne suis pas à l’aise comme un début de course.
Malgré les nombreux coureurs qui me doublent, je suis confiant et je positive ne me disant que la course est longue et qu’un coup de moins bien ça arrive. En levant le pied, je pourrais peut être mieux finir. Rien de grave pour l’instant et je m’accroche. Au premier ravitaillement j’ai quelques minutes de retard sur mon chrono prévisionnel mais ça va. Je suis encore bien placé. J’avance et c’est là l’essentiel.
Première cote, ça descend au classement
Malheureusement ça ne passe pas et au contraire maintenant j’ai mal au ventre. Est-ce le vent glacial sur le plateau, l’eau, le repas pris trop tard ou les gels qui ne passent pas cette fois ci ? J’essaye de vomir, de manger, de boire mais rien. Après coup je pense que c’était une pubalgie latente qui avec le froid, le manque d’échauffement et un départ trop rapide est devenue aigue. D’autant qu’une douleur aux adducteurs devient de plus en plus vive et m’empêche bientôt de courir en descente. Je perds une 50aines de place en arrivant sur Sainte Catherine et je suis décidé à abandonné car je ne peux plus courir.
Une décision difficile à prendre
Je m’arrête incrédule alors que cela ne fait qu’un peu plus de deux heures que je suis parti. Je ne sais pas quoi faire et je m’assois. Je me couvre car en marchant j’ai attrapé froid, je bois, je mange et je décide de continuer en marchant. Si jamais la douleur passe je pourrais peut être trottiné jusqu’à l’arrivée et finir. J’alterne marche et course me faisant doubler par des centaines de coureurs. Une douleur au genou m’empêche maintenant de courir et je commence à me dire que même en marchant ça va être dur. Faire 40 kms en marchant ça prend normalement plus de 8 heure…
Marche ou dors
Je me rattache maintenant à l’idée de me dire que je vais tenir jusqu’au levé du soleil car c’est un joli spectacle. A chaque ravito c’est compliqué de trouver une navette et j’ai trop peur de me refroidir en attendant sur place trop longtemps alors je continue. Je ne suis pas équipé et en marchant j’ai froid d’autant que je commence à être très fatigué. J’essaye de marcher vite mais je dors à moitié debout. Le jour se lève dans la descente sur Beaunant. Le temps c’est compressé et je me dis que je vais peut être finalement finir.
La fin sans moyen
Après la bosse de Ste Foy où je double beaucoup de monde, je me fais doubler par une fille qui avance comme un bolide en marchant. Comme moi elle est blessée et nous nous tirons la bourre pendant quelques kilomètres avant d’engager la discussion. Ca fait du bien de se sentir moins seul et de partager sa détresse. Nous avançons à un bon rythme et avec le soleil c’est agréable d’avoir un peu chaud, d’autant que ça sent l’arrivé. Mon compagnonne d’infortune se force à finir en courant devant les yeux fiers de son mari et de sa famille. Pas de fierté pour moi et je finis en marchant, juste heureux d’être allé jusqu’au bout et ne souhaitant qu’une chose c’est que je n’ai pas fait de conneries et que mes blessures ne soient pas trop grave.
Bilan :
La course de trop d’une saison très longue et bien remplie. J’étais heureux de finir malgré tout mais avec du recul cela laisse un arrière gout étrange et ne met pas du tout en confiance pour la saison à venir.