CCC 2010
1er septembre 2010 // Tag : Trail / Running
Compte rendu C.C.C
Après les fortes chaleurs de ces derniers jours le ciel s’est brusquement couvert sur la vallée de Chamonix.
Nous recevons un SMS de l’organisation à 5h30 pour nous prévenir de prévoir le matériel nécessaire pour affronter les éléments climatiques hostiles.
C’est donc sous une pluie battante que le départ de la CCC est donné à 10h00 de Courmayeur.
Avec Fred on prend le départ assez prudemment car la journée risque d’être longue, au programme 98 km et 5600 D+, en plus du parcours il faudra affronter la pluie, le vent, le froid....
Alors que quelques rayons de soleil parviennent à transpercer le manteau nuageux nous entamons la terrible montée de la tête de la Tronche.
Au ravitaillement du refuge Bertone, j’aperçois Fred derrière qui n’est pas très loin, l’ascension finale de la tête de la Tronche est assez pénible.
Nous basculons ensuite vers Arnuva avant la montée du grand col Ferret.
Je bascule au grand col Ferret avec 10 minutes d’avance sur mes prévisions, maintenant une longue descente va nous emmener au pied au Praz de Fort, j’enfile mon coupe vent et me lance dans la descente.
Le ciel est à nouveau très chargé, j’arrive au ravitaillement de la Fouly où je prend le temps de savourer une soupe chaude histoire de se réchauffer un peu.
J’entame la montée vers Champex tranquillement afin de m’économiser pour la suite car de grosses difficultés sont à venir.
J’arrive à Champex avec près de 50’ d’avance sur les prévisions, je prend le temps de bien m’alimenter et profiter du réconfort de l’assistance, au menu soupe aux vermicelles, pâtes à la Bolio, charcuterie, fromage....
J’en profite pour m’habiller chaudement, j’aimerais bien changer de chaussettes mais je n’ai même pas le courage d’ôter mes chaussures tellement mes pieds me font souffrir.
Après 15’ de repos je reprend la course sous une pluie battante, je croise Fred qui arrive à son tour au ravito, je décide alors de marcher jusqu’à la sortie de Champex et enchaîner la descente tranquillement afin que Fred revienne sur moi avant la fameuse montée sur Bovine mais sans non plus perdre trop de temps pour effectuer cette ascension de jour.
Fred n’a pas pu combler son retard, j’arrive à Bovine à 20h32, la descente sur Trient est très pénible, en plus de l’obscurité, des trombes d’eau s’abbattent durant la descente, le sol est inondé et la visibilité est très réduite.
Après 1h de descente j’arrive enfin au ravitaillement de Trient, à ce moment de la course il reste encore 27 km et 2 difficultés à franchir.
Pas le temps de souffler que nous entamons déjà la montée sur Catogne, le sentier es très escarpé, après un petit replat le chemin continue à flanc de coteau où nous apercevons en contrebas la vallée de Martigny, après ce passage le sentier recommence à grimper, c’est la dernière ligne droite avant le sommet.
La descente sur Vallorcine va s’avérer assez douloureuse pour les genoux.
J’arrive à Vallorcine à 23h59. On apprend que l’UTMB a été neutralisé aux Contamines suite aux conditions météo désastreuses. Je décide de ne pas trop m’attarder, j’avale une petite soupe et me revoilà reparti.
A ce moment de la course j’ai hâte de rallier l’arrivée au plus vite car c’est vraiment désagréable d’évoluer dans ces conditions, ce que je ne sais pas, c’est que le plus dur reste à venir.
En compagnie de deux coureurs j’effectue la montée vers le col du Montet.
Nous entamons la montée vers la tête aux vents, contrairement au reste du parcours je découvre cette ascension que je ne connais pas.
Mes deux compagnons me distancent légèrement, la montée est vraiment pénible, je n’ai jamais rencontré de telles conditions.Si on m’avait annoncé ce qui nous attendait dans la montée de la tête aux vents, j’aurais sans doute stoppé ma course à Vallorcine. Par ces fortes pluies le sentier s’est transformé en torrent de boue et les ruisseaux naturels gonflés à bloc, des franchissement de ruisseau avec de l’eau jusqu’au mollet, plus le vent et le froid par dessus.
J’ effectue le dernier tiers de la montée en claquant des dents, seul au beau milieu de ce déluge je me suis fait des frayeurs, parfois impossible de distinguer les rubalises dans ces conditions cahotiques. Je préfére attendre un groupe afin de rallier le dernier ravitaillement de la Flégère en leur compagnie.
Au ravitaillement des coureurs sont très affaiblis et en limite d’hypothermie.
Je ne m’attarde pas. Il reste 7km de descendre avant de franchir l’arrivée, j’effectue cette descente en petite foulée,
il est 04h19 je franchis la ligne d’arrivée à la 185 éme positiion, enfin la délivrance.
J’apprend à ce moment que la course vient d’être neutralisée à hauteur de Vallorcine et de Trient puis définitivement arrêtée. Les conditions de course, sous les trombes d’eau, étant devenues trop périlleuses pour la sécurité des coureurs, des messages d’alerte des secouristes en poste sur le secteur de la tête aux vents indiquaient qu’il devenait impossible de laisser s’engager d’avantage de coureurs sans risquer des accidents majeurs.
Aux alentours de 2h, l’organisation à pris donc la sage décision de stopper la course, et a organisé le rapatriement des 1300 coureurs restants vers Chamonix.