Une belle aventure sportive et humaine que je conseille à beaucoup, mais avec une bonne préparation. Mon petit GRP Novembre 2009, je fais la (...)

CR Grand Raid des Pyrénées 2010

1er septembre 2010 // Tag : Trail / Running

Une belle aventure sportive et humaine que je conseille à beaucoup, mais avec une bonne préparation.

Mon petit GRP

Novembre 2009, je fais la connaissance de Geoffroy Erb sur un trail. Il ambitionne de faire le GRP en 2010 et cherche un club pour s’entraîner. D’une pierre deux coups, il signe et nous nous motivons pour réaliser ce challenge que j’avais en tête également.
A partir de là nous calquons notre saison sur cette échéance.

Ce sera un gros bloc en avril avec l’enchaînement de trois trails : Nouste trail, Gypaètes et l’Epouvan’trail (66kms) et ensuite, pour ma part, travail de VMA sur piste, vélo pour travailler l’endurance (sorties de 5 heures avec des cols comme le Soulor, Aubisque ou Marie Blanque), et petites sorties montagne pour travailler surtout les descentes.
La préparation s’est bien déroulée et j’ai pu ainsi acquérir une bonne caisse. Avec le recul, il aurait été profitable que je rajoute un trail montagne en juillet type Course des Refuges ainsi que quelques randos longues en montagne.

Pour la première fois, je m’oblige à respecter la période de repos relatif précompétitive en coupant les quinze derniers jours.
Bonne nouvelle quelques jours avant le départ, Michel Ormart nous rejoint sur la course. Il a racheté le dossart d’une non partante. Cet ancien organisateur de l’euskal trail, profilé traileur à 100% est un partenaire précieux pour nous conseiller. Nous l’avons connu sur la piste et il devrait rejoindre notre club la saison prochaine.

Arrivé à Vielle Aure vendredi soir, nous récupérons notre dossart après la vérification du matériel obligatoire. Avec Geoffroy nous avions prévu de tester mon « Partner » mais Michel nous invite à squatter le jardin du photographe officiel de la course. Nous voila donc à partager une tente chez des personnes très sympas qui nous ont offert une belle hospitalité (accès à une douche, une cuisine…). Gros merci.

Ensuite breefing à 20h30 et nous nous échappons vite pour manger le repas que nous avions réservé…mais malheureusement on est arrivé trop tard, le repas était prévu avant…Heureusement le resto nous village nous a proposé un repas appréciable :garbure lasagnes, glace.

Puis dodo vers 23h00 et lever à 3h45 en ayant l’impression d’avoir fait une petite sieste. J’ai pas vu le yéti cette nuit là, mais je l’ai entendu, c’est sur. A moins que ce soit Michel…
Petit déj, habillage, crémage, et nous voila au départ près à se lancer dans l’aventure.

Michel et Geoffroy

A cinq heures nous voilà environ 700 coureurs, partis pour une belle inconnue….

Nous avions prévu une tactique de course qui consistait en gros à rester en dedans et ensemble jusqu’à Tournaboup (km 50 /3600 m D+), notre but à tous les trois étant de revenir à Vielle Aure dans les délais sans aucune prétention de classement. D’après Michel qui a de l’expérience notre niveau devrait nous permettre de terminer en moins de 16 heures.

La première partie est une longue montée de 1400m D+ et 11 Kms que nous effectuons en marchant à un bon train : 700 m/ h. J’ai de très bonnes sensations donc j’emmène mes compagnons. Michel me répète qu’on va un peu vite, Geoffroy a un peu de mal à suivre mais je sais qu’avec ses capacités s’il décroche un peu il nous reprendra dans la descente. J’ai effectué cette montée en veillant à ne pas faire monter mes pulsations et en m’aidant de mes bâtons.

Nous arrivons au premier ravito après une bonne montée / descente dans la station d’Espiaube accueillis comme des rois par des bénévoles souriants et attentionnées malgré l’heure matinale et le froid. Chapeau bas.

Ensuite belle partie montagnarde comme je les aime en passant par les lacs de Bastan, le col de Bastanet. Puis descente vers Artigues que nous effectuons tranquille mais sans pour autant s’endormir. Geoffroy passe devant mais ne s’enflamme pas, Michel fait une offrande à Mère Nature (garbure de la veille). Nous sommes confiants, contents de traverser ces paysages magnifiques.
Coté course nous devrions être dans les cent mais notre préoccupation n’est pas trop là pour l’instant. Nous n’avons pas fait trente kilomètres….

Au ravito d’Artigues nous faisons un bonne pause, Michel a un petit coup de chaud. Je me répète mais merci aux bénévoles. De plus, les aliments proposés sont très complets ainsi que les boissons, ce qui démontre le sérieux de l’organisation.

Nous repartons pour une grosse partie jusqu’au sommet du Pic du Midi. Des spectateurs nous indiquent que les frères Jalabert arrivent au ravito.
Je les pensais devant nous…on en conclue qu’on est pas trop mal, mais ne nous enflammons pas. Quand on aperçoit le Pic du Midi si loin et si haut comme le montre la photo, qui se situe à mi course, la prudence devient notre plus précieuse alliée. Nous sommes en compagnie de la première féminine et de Thierry Cabanne, le pompier pontacquais croisé hier.

La montée jusqu’au col du Sencours se fait quand même à un bon train, Michel part devant avec Thierry, Geoffroy décroche un peu et je reste intercalé, la fatigue commence à se faire sentir.
J’attends Geoffroy au ravito de Sencours et nous grimpons au sommet en compagnie des frères Jalabert qui sont entre parenthèse très sympas.

Nous croisons les premiers qui ne sont finalement pas si loin…. Redescente au col de Sencours où Michel nous attend et là on s’engage pour dix Kms et – 1000m jusqu’au ravito de Tournaboup km 50.
La fatigue se fait sentir, Michel et Geoffroy font une longue pause. Je décide de repartir avant eux mes jambes supportant mal d’être à l’arrêt. Je me retrouve à nouveau avec les frangins cyclistes. Nicolas décide de partir, Laurent suit quelques minutes plus tard.
Je reste prudent, mes jambes vont bien mais j’ai un petit coup de chaud.
Tout d’un coup, Geoffroy me rattrape comme une fusée. Il me crie qu’il a des cannes de feu et je ne peux que constater son état de forme. Il est parti pour faire un grand truc s’il ne craque pas.
La portion jusqu’au ravito de Merlans me parait interminable, je ne rêve que d’une chose c’est de boire du coca. Rien d’autre ne me fait envie, je perds des places, la première féminine que j’accompagnais craque et je fais tout pour tenir jusqu’à cet interminable ravitaillement. J’y arrive enfin et, suivant mon envie, j’avale …six verres de coca et je repars avec la nouvelle première féminine pour la dernière montée avant le point final de l’aventure, une descente de 11 Kms et 1400 m D- où tout peut se jouer.
La première féminine se lance à fond dans la descente et je pêne à la suivre sur les premiers mètres. Mon ego est piqué au vif à double titre. D’abord mon coté macho en prend un coup, ensuite je suis un assez bon descendeur.

Du coup je mets mon cerveau sur off, et tant pis si j’échoue mais les jambes sont là…je remonte et dépasse un à un les coureurs qui m’avaient déposés dans la montée avec l’objectif de ne m’arrêter qu’à l’arrivée. Coucou les frangins… « Pu…. !!, on peux plus courir » me crie Nicolas.
Je double plus de vingt coureurs, un seul a suivi, il me rattrape dans le dernier kilo et me remercie pour la descente qu’il n’aurait jamais osé faire à ce rythme.
Nous finissons ensemble à Vielle Aure sous les applaudissements d’un public nombreux, très fatigués mais heureux d’avoir vaincu. J’ai enfin connu ce sentiment qu’éprouvent des sportifs après avoir tout donné … Cette expérience m’a prouvé deux choses : qu’une course n’est « gagnée que la ligne d’arrivée franchie et que malgré la fatigue, on peut trouver des ressources pour finir en force.
Geoffroy a fini comme un V2 à la 32ème place en 13h05 rattrapant plus de 50 coureurs, je fais 55ème en 13h50, Thierry 68 ème et Michel un peu plus de 100 en 15h env.
Nous nous disons tous les trois à l’année prochaine mais avec une approche plus sportive de l’épreuve si notre condition physique est similaire.
En tous les cas, malgré une grosse fatigue, nous avons vécu une belle aventure humaine et repartons riches d’enseignement pour la suite de nos défis.

BRAVO AUX ORGANISATEURS, AUX BENEVOLES, AUX SUIVEURS ET A TOUS CEUX QUI ONT OSE SE LANCER.

Commentaires

  • CHRISTIAN H. 57
    38428 Km Raidlight
    2 sep à 08:00
    Super "CR", belle alternative aux médiatiques courses de l’UTMB.
  • Cyril C. 84
    29905 Km Raidlight
    2 sep à 12:08
    Yes, bravo, je crois que dame nature avait choisi son camp (massif) ce weekend...
  • Jean-michel C. 32
    6416 Km Raidlight
    2 sep à 20:22
    J’ai l’impression de revivre ce superbe week-end !!! Merci pour le récit, et félicitations pour la performance.

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