Cr perso ARWorldChampionship au Portugal
19 novembre 2009 // Tag : Trail / Running, Rando / Trek
En complément de la news + général que j’ai posté sur le site, j’ai écrit un Cr plus personnel concernant cette course extrême qui ne fut pas de tout repos…
Avec mon équipe Vaucluse Aventure Evasion, nous voici donc au départ de ces championnats du monde de raid au Portugal ce dimanche 8 novembre. Vu le plateau international présent cette année, nous n’avons aucune prétention d’un point de vue résultat si ce n’est de faire de notre mieux et de vivre encore une fois une aventure extraordinaire…
L’équipe est composé de Vincent B, le capitaine-orienteur qui, il faut bien le reconnaitre a réalisé peu ou prou à lui tout seul la majorité des démarches qui font que nous sommes ici aujourd’hui. Christine C avec qui je n’ai jamais couru sera notre féminine et se révélera très à son aise et enfin Fabrice B, un pote vauclusien qui sera notre second orienteur mais aussi notre spécialiste technique en Canoë et Roller.
Quand à moi je suis un peu « le bout en train » et normalement le « Sherpa » de service en Vtt et en Trek mais cette fois-ci je ne suis pas sûr de pouvoir assurer ce rôle car après l’enchainement du stage au Maroc avec Benoit et les Templiers il y a moins de 2 semaines, et bien je suis un peu fatigué voire beaucoup…
Trêve de présentation, c’est partit tambours-battant pour quelques bornes de course à pied avant d’attaquer ma spécialité : le Roller !
En tout et pour tout j’ai du passer dans ma vie moins d’1heure sur ces satanés engins à roulettes et je vous avoue que je ne suis pas fier à l’idée d’effectuer ces 12 kilomètres qui vont me paraitre interminables. Dans le sillage (ou plutôt accrocher au sillage !) de mes compagnons, je parviens in-extremis à ne pas me rouler par terre dés la 1ère heure de course mais je ferais tout de même plus ample connaissance avec le tarmac local au moment d’arriver sur l’aire de transition (« aie » les genoux, c’était trop beau !).
Rien de grave, j’enlève ces souliers de malheurs et nous voici reparti comme si de rien était, à pied (sur la terre ferme quoi !) puis ensuite à vélo, en canoë et autres activités de corde.
11000 mètres de dénivelé d’entrée, « pour se mettre en jambe » en sachant que l’on n’a pas loin de 10 kg sur le dos, et bien sur ce n’est qu’un début…
Bref, c’est partit pour de longs moments de solitudes, à présent et durant toute la durée du raid, les heures et les jours défilent lentement et nos forces disparaissent au fur et à mesure. Bien loin de l’esprit « compet » pur et dur que l’on retrouve parfois sur certaines courses, nous prenons le temps de regarder les paysages grandioses qui nous entourent malgré la grisaille locale et même de nous arrêter parfois manger une fournée de châtaigne ou boire un coup au bistro du coin. Sur la 1ère partie au nord du pays, nous apercevons d’innombrables champignons dont des Ceps à profusion qui nous narguent à notre passage. Sans rire, nous hésitons un moment à partir à leur cueillette car les barres de céréales et autre gels « chimiques » commencent déjà à nous écœurer.
A partir du 3-4ème jour, nous n’avançons plus guère et c’est à pas de fourmis que nous errons dans la nuit notamment, sans trop avoir jusqu’ou notre corps nous portera. La moindre côte devient une épreuve et seul une forte volonté nous permet de ne pas sombrer dans un sommeil profond jusqu’au petit matin (et les nuits sont longues, près 13heures car c’est l’hiver !). Heureusement, la solidarité entre les équipes est sans faille et il n’est pas rare que nous échangions des informations (balises…), de la nourriture ou simplement une pause commune afin de discuter de nos péripéties respectives. Bonne ambiance quoi et ceux même avec les équipes de tête puisque de part un système de balise bonus en option, nous les croisons régulièrement.
Coté course, en partie grâce à Vincent qui est « royal » en orientation, nous tirons notre épingle du jeu en nous maintenant quasiment toute la course dans les 15-20 premiers, et ce malgré un second « sketch » de ma part à l’occasion d’une section roller bien plus délicate ou j’ai du enlever les sabots et courir pour ne pas finir à l’hôpital à coup sur (je ne sais absolument pas freiner alors en descente…).
Les dernier jours et surtout les dernières nuits sont vraiment difficiles car nous adoptons depuis le départ, comme la plupart des équipes, la stratégie des « sommeils flash ». Cela consiste à dormir le strict minimum, un peu comme le font les marins, par des micro-sommeils de 5 à 10 minutes maximum. Il nous arrivera tout de même de dormir jusqu’à 1h30 d’une traite (à l’assistance) mais sachez que tout cumuler cela représente à peine 7h de « dodo » pour près de 7 jours, 7 nuits passé à gambader dans l’arrière pays portugais et à affronter les éléments qui se déchainent (on s’est « pelé » toute la semaine !), cela ne fait pas beaucoup…
C’est même un plus que limite je trouve, l’avant dernière nuit, nous nous écroulons pour une énième « pause flash » de quelques minutes afin de venir à bout d’une étape de 160km à Vtt. Nous repartons tant bien que mal mais 2 d’entre nous, Vincent et moi-même, pédalons plusieurs minutes dans un état de somnolence totale, limite comateux comme si le cerveau était débranché car nous n’avons aucun souvenirs de cette période. Nous reprendrons nos esprit après de longue minutes, complètement déboussolé et ne comprenant pas ce qu’il nous est arrivé.
Que ce soit en Ultra ou en Raid, attention à la surenchère systématique des distances et du dénivelé ainsi qu’a la restriction drastique du sommeil, cela devient dangereux à mon avis.
De part un règlement « bizarre », spécifique à cette course et elle seule, nous nous faisons doubler le dernier jour par une bonne dizaine d’équipe ayant été bloqué bien en amont par une barrière horaire et ayant donc pu se reposer de longues heures avant de repartir en course sans l’ombre d’une pénalité ( ???).
Qu’importe, nous parvenons a franchir la ligne d’arrivé sur la Plage de Péniche, un haut lieu du Surf européen, exténué mais heureux d’en avoir pris plein les yeux (et surtout plein les jambes ! )
Nous terminons à la
30ème place, un peu déçu par ce règlement « spécial » mais ce n’est pas bien grave car l’essentiel est ailleurs, nous avons vécu une aventure hors du commun, une de plus...
A présent pour ma part c’est repos, repos et encore repos (voir photos !!!) Cette fois-ci c’est sûr j’ai mon compte pour 2009 (fatigue, inflammations diverses…) et je ne pense pas reprendre l’entrainement sérieux avant les fêtes de fin d’années !
A bientôt Cyril