24 éme marathon des sables -Avril 2009 Petite chronique ordinaire d’un tranche de vie ordinaire de Cyril Brissard. Son compte rendu : Vivre (...)

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Cyril Brissard du Team RAIDLIGHT sur le Marathon des sables 2009

30 avril 2009 // Tag : Trail, Marathon des Sables 2009

24 éme marathon des sables -Avril 2009

Petite chronique ordinaire d’un tranche de vie ordinaire de Cyril Brissard.

Son compte rendu :

Vivre pendant une semaine dans un luxe extraordinaire pour nous citadins occidentaux … une clochardisation loin loin de nos repères habituels… couché à même le sol, cuisine au feux de bois, pas d’Internet, pas de téléphone, pas de douche, juste le vent, le sable, les cailloux et l’envie d’aller trottinant au milieu des dunes et des champs de pierres arides en compagnie du vent, du soleil et de 800 gentils "débiles" comme nous.

Lorsque l’avion se pose, un peu violement sous des averses nous sommes des compétiteurs prêts à avaler en courant 250 Kms de désert dans la semaine.

Cependant la météo inhabituelle dans le sud du Maroc va jouer son rôle déstabilisateur. Cela fait un mois qu’il pleut de manière inhabituelle ici, les locaux en sont lassés. Ces averses seraient perçues anodines chez nous, mais ici le sol sec n’absorbe pas l’eau, les nappes phréatiques sont pleines (pour 5 ans nous dit- on), et tout déborde. Les rivières sortent de leur lit, le désert est boueux et inondé.

Les 5 heures de bus pour rejoindre le bivouac initial, se transforment en expédition pour rechercher des gués sans danger pour le bus. Et finalement le bivouac étant inondés nous nous retrouvons répartis tard dans la soirée dans des hôtels aux alentours d’ERFOUD, à attendre pendant deux jours ne sachant si la course aura lieu.

Le parcours initialement prévu n’est pas praticable, le joli road book ne nous servira à rien.
Les organisateurs vont créer au jour le jour un nouveau parcours contournant les parties inondés et les « torrents » de boue infranchissables et nous annonceront le parcours au briefing du matin, après nous avoir distribué le road book 2 heures avant le départ en même temps que l’eau du matin.

Lundi, finalement la course démarre par une étape de 35 km avec après un bout de piste en guise d’échauffement 13 Km de dune, puis un bout d’erg asséché. La traversée d’un village en ruine au sommet d’un col, puis encore quelques Kms de sable au bout duquel on aperçoit le bivouac.
Le niveau est plus élevé qu’il y a 4 ans, les coureurs sont de mieux en mieux préparés. Je termine 158éme avec le dossard 158, drôle de hasard, après avoir couru à mon niveau sagement mais pas trop.
Premier bivouac, première nuit à dormir sur un tapis de cailloux, l’acclimatation est violente vu que les nuits précédentes nous avons dormi dans un lit. Cette première nuit est fraîche, les températures diurnes et nocturnes seront environ 5°C sous les attentes pendant tout le séjour.

Mardi seconde étape, une boucle de 37 km, pour revenir au même bivouac en espérant qu’un gué s’assèche pour pouvoir aller plus loin mercredi. Belle étape, avec ses dunettes, ses crêtes et plateaux aériens et ses longs bouts droits sur les pistes caillouteuses. Mieux géré que la veille, je cours sur les ¾ de la distance. Une vingtaine de place de gagnés, rien d’extraordinaire mais ce n’est pas si mal.

Mercredi matin départ de l’étape dite longue. Et pof ! On nous annonce 91 km pour essayer de garder une distance totale au delà de 200 km. Sur que 91 km d’un coup cela risque d’être longuet surtout avec le sable, le relief, et les inévitables sauts de forme …
D’un autre coté on ne va pas se plaindre ! On est chanceux d’être là, d’être en état de courir et d’avoir la chance de traverser ce désert magnifique et cette année fleurie avec des pointes de verdures, de boues, d’odeurs printanières .
Départ en deux vagues les 50 premiers à midi, et les 750 autres, dont nous faisons tous les deux partie à 9 heures (un avantage pour finir de jour, ou pour éviter les grosses températures ).
Le départ des poireaux est donc donné, et comme souvent je décide de me faire plaisir. Je prend donc délibérément la tête du peloton (soyons clair ce n’est ni de l’imprudence, ni de la frime je ne pars pas pour 10 Km je le sais alors je cours à 10-12 Km/h pas à 19 !!!).
Quelques dunettes, quelques détours dans les hautes herbes pour éviter les restes de zones boueuses et je me retrouve après 11 Km au premier CP en seconde position. Une petite interview en remplissant mes bidons et hop c’est reparti. Je continue à mon rythme en me laissant dépassé par plus pressé que moi entre les dunes et le relief bien marqué, le tout à la boussole car le balisage est plutôt pauvre sur cette portion.
Et là prise de conscience je consomme beaucoup d’énergie alors il faut me nourrir : arrêt cuisine au cp3 une petit soupe, un hachis Parmentier au cp4, en attendant le couscous poulet du cp5. CP5 atteint de nuit après 10 Km de dune au clair de lune.
Finalement je décide de ne pas manger mais de dormir, je sors le duvet et c’est parti pour 8 heures de sommeil sur un lit de sable bien douillé avec les étoiles et le vent au dessus –.
Au revoir le classement, pour moi la course se transforme en expérience promenade gastronomique rien que le plaisir de trottiner dans le désert, je vais me contenter d’aller chercher la breloque.
Dans la nuit Myriam me rejoint et nous terminerons l’étape (26km de piste) ensemble dans la matinée.
Nous nous reposerons toute l’après midi, alternant repas, sieste, soin des pieds, lecture des mails. Et finalement ce n’est pas mal géré du tout parce que nous sommes en relative forme ce qui laisse présager pour le lendemain un marathon serein.

Vendredi, dernière étape, un marathon (42,2 km) pour terminer cette édition un peu particulière du MDS. Nous décidons avec Myriam de le courir ensemble.
Couru à un rythme régulier et solide du début à la fin avec juste un arrêt Hachis Parmentier au CP2. C’est le plus beau et plus agréable marathon que je n’ai jamais couru, un parcours magnifique, variés avec dunes, traversée de rivière et village, sans la moindre pression ni coup de moins bien à trottiner et faire des photos …

Et hop hop l’arrivée est déjà là, la breloque autour du cou on regrette que cela soit déjà terminé.
La fatigue est là, les petits bobos aux pieds aussi mais on continuerait bien un peu … une prochaine fois sans doute ici ou ailleurs.

Cyril Brissard.

Commentaires

  • CHRISTIAN H. 57
    30328 km Raidlight
    5 mai à 11:43
    Superbe CR ! Félicitations et merci.
  • Benoit M. 50
    7060 km Raidlight
    5 mai à 16:40
    Maintenant après t’avoir lu ,je m’imagine bien aussi trottiner dans un dessert escaladant les dunettes ça donne a rêver...,merci.
  • Patrick L. 94
    895 km Raidlight
    22 mai à 10:12
    Lorsque nous avons mangé ensemble, je n’avais pas lu ton reportage. Super bien décrit, on est à l’intérieur. Et avec les infos que m’a données Myriam, ça donne vraiment envie d’y faire un tour. Mais les étapes de nuit, c’est un peu difficile pour moi. Ils fournissent des chiens d’aveugle au MDS ?
    En attendant, sortie SMAG dans les Pyrénées le WE prochain (on a encore qq places), puis Raidlight Ambert Trail pour m’aguerrir, puis reco UTMB avec Arnaud. Y vont me tuer !!

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