Le Tour de la Grande Casse
25 août 2011 // Tag : Trail / Running
Le tour de la Grande Casse est un trail de 63 km et 3900 m D+ autour du plus haut sommet du massif de la Vanoise en Savoie, qui culmine à 3855 m d’altitude. Pour la 4ème année consécutive, le départ de ce trail est donné à Pralognan la Vanoise.
Après avoir passé la nuit à Champagny, nous (Arnaud et moi) arrivons à Pralognan à 5h30. Nous avons 30 minutes pour se faire pointer, discuter avec les copains et copines (Sylvain, Christophe, Jeff, Marie-Rose, Gislaine, Chantale, Sylvie, Maud …). Il fait déjà 13°C à 1400 m d’altitude, la journée est annoncée très chaude, les organismes risquent de souffrir…

Pralognan – Plan Fournier : 13 km ; 1300 m D+ et 900 m D-
Il est 6h, le départ est donné par Philippe DELACHENAL au centre de la station. Le peloton de 150 concurrents s’élance dans les rues de Pralognan. Nous quittons rapidement la station pour poursuivre par un petit sentier qui monte en lacets au col de Leschaux. Ma respiration est difficile dès le début avec des brulures au niveau de la trachée. Après 30 minutes, les douleurs disparaissent, la machine est lancée. L’atmosphère est lourde, il fait chaud sur ce versant ouest. Nous dominons Pralognan qui est toujours à l’ombre. Je monte avec Chantal que j’ai connue juste avant le départ, elle a fait le TOE (180 km et 12000 m D+) il y a 3 semaines.
Après 1h30 de montée, j’arrive au premier col : le col de Leschaux. La descente est assez raide au départ tout comme j’aime, je distance un peu Chantal. Je double des concurrents, je me régale, nous sommes toujours à l’ombre, on en profite. Une petite remontée de 150 m D+ passe bien, puis nous passons à côté du refuge du Grand Bec et place à la descente jusqu’au 1er ravitaillement. Dans cette descente, Sylvain est posté pour prendre une vidéo. J’arrive au ravito où Arnaud est assis… Il s’est fait une entorse dans la 1ière descente, sa course s’arrête ici. Il rentrera en trottinant avec Sylvain pour rejoindre Pralo.
Je me ravitaille rapidement sans perdre de temps, j’avale un verre de Vichy, me remplie les mains de fromage et repars.
Plan Fournier – Laisonnay : 10 km ; 300 m D+ et 450 m D-
Chantal me double rapidement dans la montée de la Tour du Merle de 250 m D+. Je ne m’affole pas. Après quelques lacets, j’arrive en haut et place à la descente. Je la rattrape, nous continuons ensemble et papotons. Elle est de Moutiers, elle n’a jamais fait le TGC mais connais très bien le massif et me présente les sommets. A la fin de la descente, nous arrivons sur des pistes de ski de fond en faux plat montant. Difficile de se motiver de courir mais à deux cette portion passe rapidement. Elle commence à me lâcher, je n’arrive pas à accrocher et je la laisse partir. Le deuxième ravitaillement est là. Ici, c’est fromage, saucisson, pain de mie que je choisis avec un verre de Vichy.

Laisonnay – Val Claret : 14 km ; 1100 m D+ et 400 m D-
Une longue montée nous attend sous un soleil de plomb. Nous nous dirigeons vers le col du Palet. Je mets la musique et en avant guingamp. On traverse le petit village pittoresque de Laisonnay d’en haut. Je commence à avoir du mal. J’ai fait 23 km et n’arrive pas à relancer. Je n’ai pas assez manger, j’ai papoté un bon moment avec Chantal et j’ai oublié de m’alimenter régulièrement. Je prends du gel, rien n’y fait. Je mange deux pâtes de fruit. Je m’arrête même pour m’alimenter et laisse passer des coureurs. Le sentier coupe la longue piste carrossable où Philippe est venu sur le parcours pour signaler. Il m’annonce 6ème féminine et j’entends derrière moi 7ème féminine. Je suis au plus bas de ma forme. Je monte à 400 m/h, j’en profite pour regarder les paysages grandioses qui me permettent de ne pas trop cogiter. Et je me fais doubler par une fille, je suis donc 7ème. Ce col est long, très long.
Je me mouille les pieds et la casquette au premier ruisseau car ça chauffe sérieusement. Cela me fait du bien. Nous sommes sur la piste et d’un seul coup, la forme revient. Je marche d’un bon pas et reviens sur des concurrents. Tout repars comme si de rien n’était. Je quitte la piste pour reprendre un sentier plus raide qui coupe les grands lacets et je vois des coureurs très loin devant. Ce col n’en finit pas mais le moral revient. J’encourage les concurrents que je double à mon tour. Après un bon moment, j’arrive au col du Palet, juste au dessus de la station de Tignes. Place à la descente jusqu’au ravito de Val Claret. Et là, dans la descente, qui vois-je ? Renée, une collègue de travail, je lui dis à peine bonjour qu’elle me dit de ne pas trainer, alors je repars.
Cela fait plaisir de voir des têtes connues. La vue est magnifique sur Tignes le lac, les paysages sont différents de l’hiver où tout est blanc. Je double 2 filles d’un coup et vu ma forme, je ne suis pas prête de les revoir. Si mes calculs sont bon, je suis 5ème féminine. J’arrive au ravitaillement, 37ème kilomètre, il me reste 2 bosses de 600 m chacune. Ici, je demande que l’on m’arrose les pieds, c’est ma particularité, lorsqu’il fait chaud, je me fais arroser les pieds sinon c’est la surchauffe. L’arrosage est fait à la Vichy, à Tignes pas d’eau des fontaines…
Val Claret – refuge de la Leisse : 9 km ; 600 m D+ et 900 m D-
Au ravito, je rejoins Jérôme de chez Salomon que j’ai connu aux 3 jours de Chartreuse. Nous repartons ensemble, je lui dis que j’ai connu un moment difficile mais la forme est revenue. Pour lui il est dans le dur. Il me suit. Nous prenons le sentier en direction du col de la Leisse pour 600 m D+. On fait un peu le yoyo dans les parties plus roulantes. Je repasse devant dans le raide, je me retourne et il n’arrive plus à suivre. Plus j’avance et plus l’écart se creuse. Je me retrouve donc toute seule. Ce col n’est pas long, je suis déjà en haut. C’est fou la notion de temps, quand tout va bien le temps est très rapide mais quand tout va mal le temps ne défile pas. Un sujet intéressant…Il faut descendre sur 400 m D- pour atteindre le prochain ravito qui se trouve au refuge de la Leisse. Je suis toute seule personne devant. Si, il y a des randonneurs qui m’encouragent, il ne faut pas les oublier. J’arrive aux bords d’un lac immense avec une odeur d’air marin. Pas le moindre refuge à l’horizon, le sentier est vallonné et il contourne entièrement le lac. Au bout du lac, je croise un nouveau randonneur qui me dit que le refuge est à 5 minutes. Effectivement, il se voit à la dernière minute.
Le ravito est magnifique, organisé et bien rangé. Je bois de la limonade, du sucre et des bulles pour ceux qui n’aiment pas le coca comme moi, c’est royal. Je ravitaille rapidement et prends des pates de fruits dans ma poche pour la route.

Refuge de la Leisse – Col de la Vanoise : 11 km ; 600 m D+ et 250 m D-
Je quitte ce refuge pour prendre un sentier qui suit un vallon jusqu’au pied du col de la Vanoise. Je suis seule depuis au moins deux heures, personne à l’horizon et personne derrière. Je croise tout de même quelques randonneurs mais très peu. Je n’arrive pas à courir sur ce chemin vallonné qui n’en finit pas. C’est dur, le soleil tape fort. Je me retourne, un concurrent arrive, il me double mais je n’arrive pas à le suivre. C’est à ce moment là que le ventre me joue des tours. Il n’aime pas la descente. Heureusement ce n’est pas très raide mais la marche s’impose. Je marche à 6,5 km/h et ma vitesse moyenne depuis le départ à augmenter de 0,1 km/h, je suis à 5,6 km/h depuis le départ. La fin du vallon, c’est la dernière montée pour rejoindre le col de la Vanoise, aller courage il reste 600 m D+. Il fait très chaud, la vue est magnifique, on voit tout le vallon que je viens de suivre.
Effectivement, il était long. Le sentier assez large monte assez raide avec des grosses marches par endroits. La fatigue est bien là. La chaleur a rendu les difficultés plus intenses. Je rattrape le coureur qui m’a doublé dans la descente, c’est dur pour lui aussi. J’arrive à la stèle où un groupe de randonneurs encouragent les coureurs. Mais, je le connais, c’est Yvan de Belles Grimpes en Belledonne (mon club d’escalade de La Rochette). Super encore une tête connue et hop ça redonne du courage. Je continue et arrive au blockhauss, le sentier s’aplanit. Le ravito au refuge de la Vanoise n’est pas si loin. On passe encore un lac magnifique. Je n’arrive pas trop à courir alors je fractionne, je cours, je marche, je cours. Oups, le ventre me rappelle à l’ordre, la pause technique s’impose. Je trouve rapidement un coin ou plutôt un rocher. Je repars et arrive au dernier ravitaillement au refuge de la Vanoise. Je range las bâtons car il reste 6 km de descente.
Col de la Vanoise – Pralognan : 6 km ; 1000 D-
La descente d’habitude c’est mon truc, ça passe tout seul. Mais là, le ventre ou plutôt les intestins sont fatigués, la descente va être laborieuse. Au début, ça peu aller ; je double même un coureur. Il y a des cailloux qui sont embêtant après 60 km de course, c’est fatiguant. Le ventre est douloureux. Trois poses techniques seront nécessaires avant d’arriver à Pralognan. Ces arrêts me fond perdre du temps mais ne changeront rien au classement. La chaleur se fait de plus en plus sentir en redescendant mais la fin du sentier est à l’ombre. Le parcours étant la plus part du temps au dessus de 2000 m d’altitude, je n’ai pas vu beaucoup d’arbres durant cette journée. J’arrive à Pralognan, je vois l’arche d’arrivée. La fin est pratiquement plate, je peux allonger la foulée pour faire une belle fin et pour la photo finish.
C’est après 11h24 d’effort que je termine ce tour de la Grande Casse. Je termine 2ième SENIOR, 5ième FEMME et 52/150 au général.

Ce trail est grandiose par les paysages dans le massif de la Vanoise. L’organisation a été géniale, merci à tous les bénévoles, aux organisateurs, à la sécurité, aux spectateurs et randonneurs. C’est dommage qu’il n’y ait pas plus de participants pour affronter ce TGC ou rien n’est à reprocher, un pur bonheur grâce à la nature. Je reviens enchanter par ce magnifique trail. J’ai pris très cher en terminant avec un ventre à l’envers maintenant place au repos.
Marie-Line ASTIER - Team Raidlight.
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